Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, la réglementation française en matière de performance énergétique des bâtiments a évolué pour renforcer la lutte contre les passoires thermiques et promouvoir l’efficacité énergétique. Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est au cœur de cette démarche, fournissant une évaluation précise de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre d’un logement. Cet article détaille les aspects essentiels du DPE, les nouvelles normes en vigueur et leurs implications pour les propriétaires et les locataires.
Voici un petit guide pour mieux comprendre le DPE.
Qu’est-ce que le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) ?
Le DPE est un document obligatoire lors de la vente ou de la location d’un bien immobilier en France. Il évalue la performance énergétique d’un logement en analysant sa consommation d’énergie et son impact en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Les résultats sont présentés sous forme d’étiquettes, classant le bien de A (très performant) à G (très énergivore).
Les classements énergétiques du DPE
Le classement énergétique d’un bâtiment définit le niveau de performance énergétique d’un logement. En fonction d’une série de critères et de paramètres, on attribue à chaque habitation une classe énergie qui un indicateur fiable de sa consommation d’énergie. La classe énergie est présentée sous forme de lettre, allant de A (bâtiment économe) à G (bâtiment énergivore). À chaque lettre correspond une consommation d’énergie exprimée en kWh / m² par an.
Voici la liste des classes énergie et leur consommation par an :
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Catégorie A: l’habitation consomme moins de 50 kWh / m² / an
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Catégorie B: l’habitation consomme entre 51 et 90 kWh / m² / an
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Catégorie C: l’habitation consomme entre 91 et 150 kWh / m² / an
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Catégorie D: l’habitation consomme entre 151 et 230 kWh / m² / an
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Catégorie E: l’habitation consomme entre 231 et 330 kWh / m² / an
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Catégorie F: l’habitation consomme entre 331 et 450 kWh / m² / an
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Catégorie G: l’habitation consomme plus de 450 kWh / m² / an
Le tableau des classes énergie nous renseigne sur la performance énergétique d’une maison ; il s’agit d’une information utile lorsqu’on veut acheter un bien immobilier pour mieux connaître sa valeur économique et décider si l’investissement constitue un bon choix.
Concrètement, un logement classé A est davantage performant ; il est bien isolé et consomme peu pour chauffer ou rafraîchir ses pièces. À l’inverse, un logement classé G est très mal isolé, la déperdition de chaleur est donc importante. La classe énergétique d’une habitation permet par conséquent d’anticiper le montant futur de vos factures.
La moyenne nationale du DPE est de 50 kWh/m². an, soit un classement de catégorie E. Une classe énergie A, B, C et D est donc meilleure que la moyenne, tandis que les classes F e G sont bien plus énergivores.
Veuillez noter que, depuis le 1er juillet 2021, un logement ne peut plus être F ou G, sous peine d’être interdit à la location d’ici à 2028.
Étiquette énergie d’une habitation et montant des factures
Pour mieux comprendre les différences entre les classes énergie, voyons dans le détail les dépenses liées à la consommation d’un appartement de 100 m² selon les différentes étiquettes énergie :
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Lettre A – coût estimé inférieur à 250 € par an
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Lettre B – coût estimé entre 251 e 500 € par an
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Lettre C – coût estimé entre 501 e 750 € par an
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Lettre D – coût estimé entre € 751 e € 1.150 par an
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Lettre E – coût estimé entre € 1.151 e € 1.650 par an
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Lettre F – coût estimé entre 1.651 e 2.250 € par an
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Lettre G – coût estimé supérieur à 2.250 € par an
Pour calculer la classe énergie d’un édifice, on doit prendre en compte différents éléments qui vont du climat à l’année de construction, du type d’isolation de l’ensemble de l’immeuble au système de chauffage du logement en particulier. Depuis le 1er avril 2013, le DPE a été mis à jour et contient davantage de points de contrôle, plus précis et détaillés, de sorte que le calcul de la performance énergétique est plus proche du réel.
Classe GES
La classe GES, pour gaz à effet de serre, est utilisée pour quantifier le taux d’émissions de gaz à effet de serre rejeté par une habitation. Les émissions de gaz à effet de serre des logements proviennent généralement de la consommation d’énergie, souvent issue de sources fossiles, pour se chauffer, cuisiner et utiliser de l’électricité.
Le calcul de la classe GES tient donc compte des éléments suivants :
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chauffage
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quantité d’eau chaude produite et utilisée
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processus de refroidissement du logement
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nature de l’énergie consommée (fossile ou renouvelable)
L’indicateur GES se présente sous forme de couleur, allant du lilas (faibles émissions de gaz à effet de serre) au violet (fortes émissions de gaz à effet de serre). La classe GES d’un logement se calcule en fonction du volume de gaz à effet de serre émis par ce logement durant une année entière. Les émissions sont exprimées en kg eq CO2 /m2.an (ou Kilogramme équivalent CO2 par m2 et par an).
Nouvelles réglementations en vigueur depuis 2025
La loi Climat et Résilience de 2021 a introduit des mesures progressives pour améliorer la performance énergétique des logements :
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Interdiction de location des logements classés G : Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, les logements classés G, considérés comme des passoires thermiques, ne peuvent plus être mis en location. Cette mesure vise à inciter les propriétaires à réaliser des travaux de rénovation énergétique.
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Validité des anciens DPE : Les DPE réalisés entre le 1ᵉʳ janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1ᵉʳ janvier 2025. Les propriétaires doivent donc faire réaliser un nouveau diagnostic conforme aux méthodes actuelles.
Comment réduire les émissions de gaz à effet de serre de son logement
Pour réduire vos émissions de gaz à effet de serre, vous devez notamment réduire votre consommation. Pour cela, vous pouvez par exemple :
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Débrancher les appareils non utilisés
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Privilégier les programmes économiques des appareils électroménagers (lave-vaisselle, machine à laver…)
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Changer les joints du frigo pour que la porte ferme correctement.
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Vous assurer que votre logement est correctement isolé
En outre, vous pouvez changer de contrats ou de fournisseurs d’énergie pour opter pour des contrats d’énergie 100 % renouvelable. Beaucoup de fournisseurs commencent en effet à lancer des offres vertes, élargissant ainsi l’éventail d’offres disponibles. Néanmoins, le prix de ses offres est encore largement supérieur à offres conventionnelles.
Implications pour les propiétaires et les locataires
Ces nouvelles réglementations ont des conséquences directes :
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Propriétaires bailleurs : Ils doivent s’assurer que leurs biens atteignent au minimum la classe F pour pouvoir les louer. À défaut, des travaux de rénovation énergétique sont nécessaires.
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Locataires : Ils bénéficient de logements plus performants énergétiquement, réduisant ainsi leurs factures d’énergie et améliorant leur confort.
Aides et incitations pour la rénovation énergétique
Pour accompagner les propriétaires dans cette transition, plusieurs aides financières sont disponibles :
- MaPrimeRénov’ : Une aide financière pour les travaux de rénovation énergétique, accessible à tous les propriétaires, sans condition de revenus.
- Éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ) : Un prêt sans intérêt pour financer des travaux de rénovation énergétique.
- Certificats d’économies d’énergie (CEE) : Des primes versées par les fournisseurs d’énergie pour encourager les travaux d’économie d’énergie.
Il est essentiel de se renseigner sur ces dispositifs pour optimiser le financement des travaux et améliorer la performance énergétique de son logement.
Conclusion
La classification énergétique des bâtiments est un enjeu majeur en 2025. Les nouvelles réglementations renforcent l’importance du DPE et incitent à la rénovation énergétique pour lutter contre les passoires thermiques. Propriétaires et locataires doivent être informés de ces évolutions pour s’adapter aux exigences actuelles et contribuer à un habitat plus durable.